LA TENDRE INDIFFÉRENCE DU MONDE

ADILKHAN YERZHANOV

La belle Saltanat et son chevalier servant Kuandyk sont amis d’enfance. Criblée de dettes, la famille de Saltanat l’envoie à la grande ville où elle est promise à un riche mariage. Escortée par Kuandyk qui veille sur elle, Saltanat quitte son village pour l’inconnu.

La Tendre Indifférence du monde n’est pas spécialement tendre, et encore moins indifférent: dans des paysages inspirés des classiques de la peinture du XIXe siècle, Adilkhan Yerzhanov met en mouvement une aventure amoureuse, burlesque et brutale. Les tribulations de la belle et forte Saltanat et du vaillant et généreux Kuandyk tiennent de la chronique de la corruption générale qui affecte la région, autant que du conte des Mille et une nuits. Mais c’est surtout un sens du plan et du cadre qui fait de ce film un grand moment de joie pour ses spectateurs.
JEAN-MICHEL FRODON – WWW. SLATE.FR, 18 MAI 2018

À la fin, nous revenons au décor du début. Vous teniez à cette structure cyclique?
ADILKHAN YERZHANOV : C’était très important pour moi. Au début, ils sont un peu comme Adam et Eve au paradis, puis ils sont chassés du paradis. Et c’est à travers les souffrances et les trahisons qu’ils comprennent le prix de ce paradis. Notre tragédie à tous c’est l’impossibilité de revenir dans ce paradis perdu. Je crois que chacun d’entre nous porte en lui ce quelque chose de pur qu’il a perdu en route au cours de sa vie. Alors pourquoi ne pas leur offrir un retour dans ce paradis à la fin?
in DOSSIER DE PRESSE