LA PANTHÈRE DES NEIGES

MARIE AMIGUET ET VINCENT MUNIER

Au coeur des hauts plateaux tibétains, le photographe Vincent Munier entraîne l’écrivain Sylvain Tesson dans sa quête de la panthère des neiges. Il l’initie à l’art délicat de l’affût, à la lecture des traces et à la patience nécessaire pour entrevoir les bêtes. En parcourant les sommets habités par des présences invisibles, les deux hommes tissent un dialogue sur notre place parmi les êtres vivants et célèbrent la beauté du monde. Ce voyage a inspiré le livre de Sylvain Tesson La Panthère des neiges (Gallimard 2019), récompensé du Prix Renaudot 2019.

Lors de repérages au mois de février, je me souviens de cette soirée où nous avons effectué une reconnaissance dans un canyon. Nous marchions de conserve, Marie la réalisatrice, Munier et moi. J’étais frappé de la façon dont notre ami regardait le paysage. En réalité il le lisait comme on déchiffre la page d’un poème ou comme le musicien étudie la partition. Il regardait les vires rocheuses, les parois, les anfractuosités et nous expliquait ce qui était susceptible d’advenir. « Là, c’est un endroit où la panthère pourrait se glisser ; ici, une grotte que les grands-ducs affectionnent et là, des alpages où les bharals viennent pâturer. » Voilà les explications qu’il nous donnait et je comprenais qu’il y avait deux manières d’observer un décor. On peut le regarder en esthète froid, philosophant sur les tourments du relief et les nuances de la lumière. On peut aussi se mettre à la place de l’animal en détectant les caches, les coulées, les replis et les débouchés. Alors, la montagne devient une citadelle vivante et Munier est ce professeur qui va m’apprendre à lire pour la deuxième fois de ma vie.
SYLVAIN TESSON in DOSSIER DE PRESSE