LA NUÉE

JUST PHILIPPOT

Pour sauver sa ferme de la faillite, une mère de famille célibataire se lance dans un élevage de sauterelles comestibles risqué et développe avec elles un étrange lien obsessionnel. Elle doit faire face à l’hostilité des paysans de la région et de ses enfants qui ne la reconnaissent plus.

Les scénaristes puisent habilement chez leurs glorieux aînés d’Hitchcock à Spielberg en passant par Cronenberg. On pense en particulier à La Mouche qui possède cette même efficacité narrative : peu d’action mais fondée sur des dilemmes éthiques qui parlent à tous et donnent une force dramatique exceptionnelle à l’ensemble. Mais le film reste avant tout un thriller rural, un film d’auteur européen évoquant plus Petit paysan qu’un film de genre à l’américaine.

Qu’est-ce qui vous a plu dans le scénario de « La Nuée » ?
JUST PHILIPPOT : Ce qui m’a intéressé dans cette histoire, c’est qu’il s’agissait d’un film d’aujourd’hui, un film qui, à travers sa dimension fantastique, parlait de nous directement, du grand déséquilibre qui affecte le monde et l’agriculture en particulier. Ce déséquilibre est lié essentiellement à une cause : celle de produire pour moins cher. Tout commence lorsque Virginie comprend qu’il faut donner quelque chose en plus à ses sauterelles. Ce n’est pas des pesticides, ce n’est pas de la nourriture, c’est une part d’elle-même. C’est en s’abandonnant complètement à sa production qu’elle fait exploser son rendement. Dès lors, se met en place un terrible engrenage dont l’issue ne peut être que terrible.
in DOSSIER DE PRESSE