LA GRANDE MAGIE

NOÉMIE LVOVSKY

France, les années 20. Dans un hôtel au bord de la mer, un spectacle de magie distrait les clients désoeuvrés. Marta, une jeune femme malheureuse avec son mari jaloux, accepte de participer à un numéro de disparition et en profite pour disparaître pour de bon. Pour répondre au mari exigeant le retour de sa femme, le magicien lui met entre les mains une boîte en lui disant qu’elle est à l’intérieur…

L’un des thèmes du film est la croyance dans la fiction. Vous montrez qu’elle est nécessaire pour supporter les âpretés de la vie, mais aussi dangereuse.
NOÉMIE LVOVSKY : La réalité toute crue n’est pas supportable. Elle est trop dure, trop cruelle. La croyance dans la fiction est vitale. Albert, le magicien bonimenteur interprété par Sergi López, détourne, déforme, transforme la réalité en illusions, en fictions. Charles, le mari jaloux, sceptique, désagréable, interprété par Denis Podalydès, se veut sans illusion. Il dit n’attendre « aucune surprise de la vie parce que je ne fais confiance à personne ». Mais la fugue de sa femme va durer et pour ne pas sombrer dans le désespoir, il a lui aussi un besoin de croire. Il s’accrochera comme à une bouée à la fiction que le magicien lui propose… Le magicien et le sceptique deviennent inséparables. Le jeu dure, il pourrait durer toute la vie. Oui, ce jeu est dangereux, il rend Charles fou mais il lui offre aussi une liberté nouvelle. Albert et Charles ne se mentent pas. Les illusions ne sont pas forcément des mensonges. Elles nous permettent, je crois, d’atteindre une vérité et une liberté à laquelle la réalité brutale ne nous donne pas accès. Albert et Charles sont des frères. in DOSSIER DE PRESSE