LA CONSPIRATION DU CAIRE

WALAD MIN AL JANNA

TARIK SALEH

Un étudiant se retrouve précipité dans les guerres de pouvoir d’un haut lieu de l’islam sunnite égyptien. Un thriller virtuose, métaphore du régime d’al-Sissi.

Dans un récit riche en rebondissements et en coups tordus que n’auraient pas renié les maîtres espions de John le Carré, nous suivons l’ascension d’un jeune étudiant moins naïf que prévu et qui ressemble à celle du héros d’Un prophète, de Jacques Audiard, le trafic
de drogue en moins, l’exégèse des paraboles coraniques en plus. Tarik Saleh filme d’ailleurs l’université islamique, reconstituée dans le décor étonnant et puissamment cinégénique de la mosquée Süleymaniye d’Istanbul, comme une prison où tout le monde soupçonne tout le monde. Une métaphore de l’Égypte et de sa société sous surveillance où la sûreté d’état fait régner la terreur. SAMUEL DOUHAIRE – TÉLÉRAMA, 25 OCTOBRE 2022