HOUSE BY THE RIVER

version restaurée

FRITZ LANG

C’est la première fois que House by the River sort en salle en France soixante ans après sa réalisation.

Un écrivain raté veut coucher avec sa domestique un soir de solitude ; face à son refus, il la tue accidentellement; sollicitant l’aide de son frère, il jette le cadavre dans la rivière bordant sa maison. De cette trame classique, Fritz Lang tire un petit bijou d’expressionnisme et de poésie nocturne, infusé par le désir – et sa copine la frustration –, déclinant ses motifs favoris tels que la culpabilité ou la rumeur sociale. La maison pleine d’ombres et de recoins sombres, les jambes blanches et dénudées de la fille se détachant dans un escalier obscur, le désir qui naît à l’écoute d’une canalisation dans laquelle s’écoule l’eau d’un bain, l’eau de la rivière qui scintille sous la lune et qui charrie ses ordures et ses cadavres le jour, une lumière constamment entre chien et loup, la pointe d’une barque fendant les algues, autant de scènes inventives, de plans marquants, de symboles sexuels et psychanalytiques qui baignent le film d’un érotisme permanent teinté de morbidité…
SERGE KAGANSKI – LES INROCKUPTIBLES, 8 NOVEMBRE 2007