HAUT PERCHÉS

OLIVIER DUCASTEL et JACQUES MARTINEAU

Une femme et quatre hommes qui se connaissent à peine se retrouvent dans un appartement en plein ciel au-dessus de Paris. Ils ont tous été la victime du même pervers dominateur qui est enfermé dans une pièce. Ce soir-là, ils ont décidé d’en finir. Tour à tour, ils se racontent des souvenirs qui les lient à cet homme et entrent dans la chambre pour se confronter à lui. Mais ce qui s’y passe entre le monstre et eux reste leur secret.

Comment est née l’envie de ce film singulier ?
OLIVIER DUCASTEL : L’idée c’était un film-concept mais aussi un concept de tournage. Je trouvais l’appartement « cinégénique », c’est un espace ouvert donc je me disais que c’était pratique pour un lieu unique. Il fallait garder une pièce pour le maquillage, l’équipe, donc on a gardé la chambre, sans penser une seconde qu’on aurait pu la libérer une journée pour y tourner. Donc c’était la contrainte technique et scénaristique : ne jamais rentrer dans la chambre. Ça, c’est pour la scénographie. Pour la thématique, j’avais l’idée d’essayer d’utiliser certaines expériences personnelles récentes que j’ai eues avec des garçons et je réfléchissais à comment raconter l’histoire de quelqu’un qui, dès qu’il arrivait à échapper à un pervers en rencontrait un autre. En fait, c’était probablement trop autobiographique comme cheminement et j’ai eu l’idée d’inverser la situation, de faire en sorte que ce soit cinq personnes qui ont été en contact avec le même pervers et qui, du coup, se rencontrent, font connaissance par l’intermédiaire de cette personne. Cela m’a semblé plus cinématographique.

Comment tout le travail de la mise en scène a été pensé pour créer cette ambiance étrange, moderne et mystérieuse ?
JACQUES MARTINEAU : Notre désir, c’était de faire un film pop ! avec l’idée de pousser l’artificialité au maximum de façon très fassbindérienne. D’habitude, ce qui se fait, c’est d’adapter une pièce de théâtre. Là, l’idée, c’était de faire un film qui donne l’impression qu’il y aurait une pièce de théâtre qu’on a adaptée ! Sauf que j’ai vraiment écrit un film et pas une pièce de théâtre. Cela a uniquement été écrit pour ce qu’on voit à l’image. Le film est incroyablement conforme à l’idée d’origine !

On obtient un univers qui serait à la croisée de ceux de Fassbinder, de Lagarce et de Gregg Araki…
O. D. : Oui, ça nous va tout à fait ! Même si je pense que Gregg Araki serait entré dans la chambre !
J. M. : Et que Fassbinder aurait fait sortir le pervers !

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