GRÂCE À DIEU

FRANÇOIS OZON

Grâce à Dieu suit la bataille d’Alexandre (Melvil Poupaud), victime d’abus dans son enfance, qui, découvrant que son agresseur officie toujours, va entreprendre un combat afin de libérer la parole d’autres victimes. Faisant face à l’omerta qui règne sur l’Église catholique, et à l’incompréhension de ses proches, Alexandre croisera aussi sur sa route des alliés, interprétés par Denis Ménochet et Swann Arlaud.

Derrière le scandale médiatique et les coulisses de la controverse, Ozon, comme à son habitude, tisse délicatement des lignes de vie brisées, partant de la fragilité pour dresser la trajectoire d’un combat. Le réalisateur renoue ainsi avec la veine engagée et réaliste de Jeune et Jolie, dressant un état des lieux contemporain de l’Église, tout en expliquant que Grâce à Dieu n’est nullement un film à charge : « Il n’apporte pas de réponse mais pose beaucoup de questions.».
LÉA ANDRÉ SARREAU – LES INROCKUPTIBLES, 06 DÉCEMBRE 2018

Avec «Grâce à Dieu», c’est la première fois que vous vous confrontez à un sujet d’actualité, avec autant de personnages…
FRANÇOIS OZON : L’idée de départ était de faire un film sur la fragilité masculine. J’ai souvent mis en scène des personnages de femmes fortes. Là, j’avais envie d’aller vers des hommes qui sont dans l’expression de souffrances et d’émotions… Cette envie a alors croisé l’actualité de l’affaire Preynat. Sur le site de «La Parole Libérée», j’ai lu des témoignages d’hommes abusés dans leur enfance au sein de l’Église, dont un qui m’a particulièrement touché : celui d’Alexandre, un fervent catholique qui racontait son cheminement jusqu’à ses quarante ans, âge où il a enfin pu parler. Sur le site, il y avait aussi des interviews, des articles de presse et des extraits de mails qu’il avait échangés avec les instances catholiques lyonnaises, dont le cardinal Barbarin et Régine Maire, chargée de la cellule d’aide psychologique pour les victimes de prêtres. J’ai trouvé ces documents passionnants et j’ai donc contacté Alexandre.

Comment s’est passée la rencontre?
F. O. : Il est arrivé avec un dossier, qui contenait ses échanges de mails jusqu’à son dépôt de plainte. J’étais extrêmement touché qu’il me confie ses courriers, dont on entend beaucoup d’extraits dans les voix off du début du film. J’ai d’abord pensé faire de cette matière incroyable une pièce de théâtre, puis un documentaire…
in DOSSIER DE PRESSE