GIRL

LUKAS DHONT

Lara, quinze ans, rêve de devenir danseuse étoile, elle se lance à corps perdu dans cette quête d’absolu. Mais ce corps ne se plie pas si facilement à la discipline que lui impose Lara, car celle-ci est née garçon.

[…] Girl est un film très précis sur l’impatience qui vient du corps, un corps dont toutes les manifestations masculines, mâles, au sens physique donc premier du terme sont insupportables à Lara, qui tous les jours regarde si ses seins ont poussé. Et Lukas Dhont (sans vulgarité, sans provocation) montre ce que cela signifie concrètement… Intégrée exceptionnellement dans une école de danse professionnelle, Lara va devoir apprendre les pointes. Et la souffrance terrible qu’elle doit faire subir à ses pieds devient le reflet, la métaphore de sa souffrance de ne pas être encore dans le corps qu’elle considère comme le sien: celui d’une fille… La souffrance dans la chair de Lara est la condition sine qua non de sa métamorphose. Elle n’a pas le choix. Et elle ira jusqu’au bout du bout de la souffrance possible…

JEAN-BAPTISTE MORAIN – LES INROCKUPTIBLES, 13 MAI 2018