FORTUNA

GERMINAL ROAUX

Fortuna, second long métrage du cinéaste photographe lausannois Germinal Roaux raconte l’histoire d’une jeune éthiopienne de quatorze ans accueillie avec d’autres réfugiés par une communauté de religieux catholiques dans un hospice des Alpes suisses. Elle y rencontre Kabir, un jeune africain… Le monastère devient leur refuge mais aussi le théâtre d’événements qui viennent ébranler la vie paisible des chanoines. Ceux-ci vont-ils renoncer à leur tradition d’hospitalité? Parviendront-ils à guider Fortuna vers sa nouvelle vie?

[…] Qu’avons-nous fait? Quel est ce monde? Y a-t-il quelque chose que je puisse faire ? C’est sans doute par ces premières questions qu’a débuté l’écriture de Fortuna.
[…] J’ai tenté de créer l’espace d’une réflexion. J’ai rassemblé patiemment les témoignages de jeunes mineurs non accompagnés, de réfugiés, de religieux, d’éducateurs. J’ai essayé de comprendre quels étaient les souffrances et les enjeux de notre société actuelle face aux questions de la migration. Je ne pense pas avoir trouvé de réponses. Mais j’ai souhaité que ce film puisse nous rassembler autour d’idées qui cherchent à unir plutôt qu’à diviser. Avec la poésie, d’essayer d’inspirer plutôt que d’affirmer. «Poésie» dans sa racine grecque veut dire «faire». Un jour, quelqu’un demanda à Paul Valéry «Ça veut dire quoi votre poème?», et Paul Valéry répondit «Ça ne veut pas dire, ça veut faire! ». Modestement, c’est cela aussi que j’essaie de faire. Un cinéma qui aurait l’ambition de «faire» plus que de dire.