FIRST COW

KELLY REICHARDT

Au début du XIXe siècle, sur les terres encore sauvages de l’Oregon, Cookie Figowitz, un humble cuisinier, se lie d’amitié avec King-Lu, un immigrant d’origine chinoise. Rêvant tous deux d’une vie meilleure, ils montent un modeste commerce de beignets qui ne tarde pas à faire fureur auprès des pionniers de l’Ouest, en proie au mal du pays. Le succès de leur recette tient à un ingrédient secret : le lait qu’ils tirent clandestinement chaque nuit de la première vache introduite en Amérique, propriété exclusive d’un notable des environs.

Amitié. Le mot est mis en exergue dans la citation de William Blake qui ouvre le magnifique First Cow, dernier film de Kelly Reichardt. Et l’émotion d’avoir été les témoins d’une profonde histoire d’amitié se poursuit longtemps après la fin bouleversante du film. Le sentiment amical, qu’il soit à côté de l’amour ou de l’empathie, y compris envers les animaux ou la nature, est le fil conducteur de toute son oeuvre. Mieux encore : le chemin le plus court, simple, direct et sans emphase pour atteindre une forme d’absolu. Les rencontres de Reichardt avec les cinéastes Peter Hutton et Todd Haynes façonnent aussi son travail, tout comme son arrivée dans l’Oregon, événement déterminant dans son évolution.
BERNARD EISENSCHITZ – CAHIERS DU CINÉMA, JANVIER 2021