EL REINO

RODRIGO SOROGOYEN

Branle-bas de combat dans un grand parti politique espagnol : plusieurs leaders sont soupçonnés de corruption.

Parmi eux, Manuel López-Vidal (Antonio de la Torre, impressionnant de puissance mesurée, de froide détermination), un cadre influent, bien coiffé, costume cintré, tiré à quatre épingles. C’est le dauphin possible d’un président de région. […] Bientôt, la nouvelle tombe dans les médias. Manuel est à son tour dans le collimateur de la justice. Loin de faire profil bas, le vaniteux ne veut pas se laisser faire, il attaque presque pour mieux se défendre. Il sonde ses proches, questionne, rompt avec certains, pactise, menace. La caméra le colle de près ou le suit à distance, sans jamais le lâcher. Et ce jusqu’au dernier plan. Tout est vécu et montré de son point de vue, de sa logique à lui. Être en symbiose avec cet homme véreux, voir le mal de l’intérieur, voilà l’audace d’El Reino («le règne»), thriller original qui se distingue du réquisitoire confortable.
JACQUES MORICE – TÉLÉRAMA, 17 AVRIL 2019