DOULEUR ET GLOIRE

PEDRO ALMODÓVAR

Un cinéaste vieillissant se plonge dans les méandres de son passé… Autobiographie ou fiction ? L’Espagnol brouille les pistes autant qu’il se dévoile. Avec brio.

La vie d’Almodóvar, en fait, se confond avec sa filmographie. […] Au coeur de ces réminiscences personnelles qui jalonnent Douleur et Gloire, le cinéaste ménage des moments inédits, exceptionnels. Salvador reçoit la visite de l’homme qui fut son grand amour, des décennies auparavant. Leur conversation, entre retrouvailles et adieux, et leur baiser d’anciens amants resteront parmi les grandes scènes du maître, dont l’art atteint alors à une sobriété déchirante. Douleur et Gloire remonte aussi à la découverte de sa sexualité, par le héros, encore enfant. Le décor inouï, une caverne aménagée en logement, la lumière blanche qui tombe directement du ciel par une ouverture dans la roche et l’évanouissement de l’enfant devant la nudité entraperçue d’un ouvrier concourent à un sommet de cinéma, à la fois mental et charnel.
LOUIS GUICHARD – TÉLÉRAMA, 17 MAI 2019