BENNI

NORA FINGSCHEIDT

Benni a neuf ans. Négligée par sa mère, elle est enfermée depuis sa petite enfance dans une violence qu’elle n’arrive plus à contenir. Prise en charge par les services sociaux, elle n’aspire pourtant qu’à être protégée et retrouver l’amour maternel qui lui manque tant. De foyer en foyer, son assistante sociale et Micha, un éducateur, tenteront tout pour calmer ses blessures et l’aider à trouver une place dans le monde.

À l’âge de vingt-sept ans, je tournais un documentaire et j’ai croisé une jeune fille de quatorze ans dans un centre d’hébergement pour femmes. J’étais choquée qu’une personne si jeune se retrouve là. Cette rencontre a été l’élément déclencheur de l’histoire que je souhaitais raconter. Le processus d’écriture et de recherches a commencé et s’est poursuivi sur quatre années. C’était un défi car les vies de ces « system crashers » (ndlr : le titre original du film faisant référence à ces êtres en rupture) changent perpétuellement tout en reproduisant toujours les mêmes effets. J’ai étudié la différence entre un foyer pour enfants et un service de psychiatrie enfantine, ou entre un centre d’hébergement d’urgence et une école. Je restais deux ou trois semaines dans chacun de ces lieux, j’y dormais, jouais avec les enfants pour les comprendre et cerner les enjeux de l’accompagnement social. […] Au cours de ces années d’écriture, nous avons regardé une centaine de films sur l’enfance, pour voir ce qui a été fait, comment ça a été fait, ce que nous pouvions éviter ou ce que nous pourrions apporter de neuf, etc. On a visionné les grands classiques comme Les 400 coups, mais aussi des oeuvres plus récentes comme Mommy de Xavier Dolan, Rosetta des frères Dardenne, Nobody Knows de Kore-Eda… Les films sur les enfants non désirés sont un genre à part entière.
NORA FINGSCHEIDT – in DOSSIER DE PRESSE