AMIN

PHILIPPE FAUCON

Fin, juste, humain… Des personnages en déshérence affective vont se rapprocher et s’aimer.

[…] Dans le cinéma de Philippe Faucon, les échanges sont fréquents, souhaitables, féconds. Les Étrangers se conclut par un mariage entre une Française d’origine maghrébine et un Africain, scandé par les discours bouleversants d’ouverture et de dignité des deux pères, Dans la vie raconte l’amitié entre deux voisines, l’une juive, l’autre musulmane, alors que le nouveau film du cinéaste, Amin, observe la rencontre amoureuse entre un travailleur immigré sénégalais (Amin) et une infirmière parisienne blanche (Gabrielle). Au départ, nulle évidence dans cette relation: Amin chérit une épouse et des enfants laissés au pays et il travaille sur le chantier de rénovation de la maison de Gabrielle. Entre eux, une barrière invisible mais puissante, de nature ethnique, sociale, voire nationale et linguistique (Amin est peu disert en français, langue qu’il maîtrise mal). Et pourtant, petit à petit, insensiblement, la chimie du désir et des sentiments opère. Ce mouvement amoureux, est emblématique du cinéma de Philippe Faucon où rien n’est jamais figé, gravé dans le marbre des préjugés ou des idées reçues, où tout est toujours ouvert à l’imprévu, à l’indécidable, au mouvement imprédictible de la vie et de la liberté humaine…

SERGE KAGANSKI
in CATALOGUE DU 46e FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE LA ROCHELLE 2018