AMANDA

MIKHAËL HERS

Paris, de nos jours. David, vingt-quatre ans, vit au présent… Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa soeur meurt brutalement. Il se retrouve en charge de sa nièce, sept ans, Amanda.

Dit comme ça, Amanda pourrait sembler lourd et pourtant, le film est d’une incroyable légèreté de touche. Comme dans ses opus précédents, tout ce que filme Mikhaël Hers est marqué du sceau de la grâce, de la retenue, de la délicatesse, de la force tranquille, y compris et même surtout quand le récit plonge en pleine tragédie. Hers a aussi le talent du casting : Amanda est jouée par la petite Isaure Multrier, ébouriffant mélange d’enfance et de maturité, qu’Hers dirige comme un vrai personnage, façon Doillon. L’oncle désemparé par le deuil et par les responsabilités qui lui tombent soudain sur le râble, c’est Vincent Lacoste, merveilleux dans son premier rôle dramatique. Et les actrices sont tout aussi géniales, de la tonique Ophélia Kolb à la très émouvante Stacy Martin en passant par de merveilleuses comédiennes oubliées comme Marianne Basler ou Greta Scacchi. Après Ce sentiment de l’été (titre qui fonctionnerait aussi pour Amanda), Mikhaël Hers s’affirme comme le grand aquarelliste des sentiments profonds, des affects complexes, des deuils rédimés et du contraste entre la météo (estivale) et les coeurs (plongés en plein hiver).
SERGE KAGANSKI – LES INROCKUPTIBLES, 9 SEPTEMBRE 2018