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Edito, saison 2016/17

… oser, découvrir, apprendre, se perdre, confronter, comprendre…

 

La grandeur comme la misère des êtres, risible ou émouvante, nous passionne. Sur la scène, dans les images, la littérature, à l’écran… et sans aucun doute à la vie. Nous sommes à l’affût des tourments, des errements de l’homme comme de ses héroïsmes. Ils sont hilarants ou nous bouleversent, ses meurtrissures et ses dépassements nous chavirent et nous éclairent.

Indépendamment des époques, des continents et des civilisations, l’art débusque les monstruosités autant que la magnificence humaine. C’est dans ces complexités que nous avons envie d’y lire la nôtre, avec notre propre part intime d’ombre et de mystère. A la lecture, à l’écoute, on veut croire que ce texte est pour nous seul, ce chant à notre seule adresse. L’art est une passionnante histoire de la consolation qui fait vibrer ces bribes d’humanité, qui tisse des destins, médiocres, mesquins ou grandioses, exemplaires. L’art est affaire de sublime.

On a besoin de l’humour pour amortir le tragique de l’existence. On a besoin de la réflexion pour échapper au rire gras, à la pensée étriquée. L’air du temps est à la tentation populiste et à la détestation de l’autre.

On a besoin de l’impertinence et de l’insolence, lesquelles ne valent que si elles riment avec l’intelligence. Sans culture, sans connaissance, sans esprit critique, l’être est une proie facile, ballotée au gré de l’arbitraire non-éclairé ou de la sombre démagogie participative. Quand la pensée tourne en rond ou s’éteint, c’est la friche des idées – dont les pires – et la panne de lucidité.

Du théâtre à la musique, de la danse au cinéma, la saison artistique est une flânerie dans l’inconnu, un grand carambolage de croisements insolites, inédits, dissemblables. A la pluralité des oeuvres répond la diversité des visions, des approches, des satisfactions. L’âge et l’expérience, chez les artistes comme chez les spectateurs, n’y sont pas systématiquement des bonifications. La curiosité de la jeunesse n’est pas moindre que celle de la maturité, elle reste le témoignage vivant de l’ouverture d’esprit, de la capacité à s’émouvoir, à s’indigner, à aimer.

N’en déplaise aux bougons, aux grognons, aux grincheux, on peut participer à cette grande parade futile qu’est la vie, avec délice et passion. Et la création artistique nous accompagne sur ces chemins terriens, marins, aériens, imaginaires, réels et fantasmés.

Bonne saison.

Jackie Marchand