En conteur naturel qu’il est, Fellag nous entraîne dans ses souvenirs de l’Algérie des années quatre-vingt. Accompagné de Marianne Epin, tous deux campent ce couple d’Algériens, Salim et Shéhérazade, aux prises avec les grands et les petits drames qui secouent le pays à cette époque. Avec une verve toute méditerranéenne, ils nous font également découvrir les personnages hauts en couleurs qui animent ce «campiello» algérien. Ils nous révèlent l’absurde de leur quotidien, témoignent de l’ingéniosité de chacun pour accéder par la ruse à la modernité et aux technologies nouvelles. Les activités de l’atelier de mécanique, les techniques farfelues pour fabriquer des paraboles avec des couscoussiers destinées à capter les médias internationaux, les astuces déployées pour faire face aux coupures d’eau imposées, font partie des mécanismes de résistance dont Shéhérazade et Salim sont les acteurs. Avec un humour parfois noir et souvent tendre, ils nous entraînent joyeusement dans cette société où la tradition et la modernité ne cessent de jouer au chat et à la souris. Fellag possède la maîtrise du geste qui fait mouche pour camper d’emblée un personnage. S’emparant du particulier pour mieux toucher à l’universel, il affine son jeu, associant le magnétisme du mime, la force jubilatoire du caricaturiste et l’insouciance débonnaire du poète jonglant avec les mots. Ici, le geste et la parole sont à la noce et nous livrent les clefs de l’âme d’un peuple. Fellag ou l’allumeur de rêves berbères.
Représentation supplémentaire le vendredi 17 avril à 20 h 30.
mise en scène Fellag costumes Pascale Bordet assistée de Caroline Martel perroquet Daniel Cendron
avec Fellag, Marianne Epin
coproduction Les Nuits de Fourvière, Département du Rhône, Astérios Spectacles, Un chameau pour l’Australie
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