On l’avait laissé loin devant, échappé solitaire, kamikaze magnifique à la sortie de son premier album et de ses concerts aux Francofolies. Envoûtés par un univers si habité, tutoyant les cimes musicales de ses maîtres, nous attendions le moment de pouvoir retrouver ce chanteur au timbre charnel, cet auteur démesuré au verbe d’orfèvre. L’imaginaire de Babx est débridé, les mots coulent chez lui comme des harmonies, sa langue s’étale, lèche, s’enroule et se froisse. Et le frisson gagne. Il emprunte au hip-hop ses scansions, au jazz ses élans, au monde ses décors et ses rivages. A vingt-huit ans seulement, celui qui grandit dans la musique, étudia divers instruments et le chant polymorphique tout en se passionnant pour le théâtre, évolue en marge de ses camarades de la chanson française, en lévitation. Son second album, Cristall Ballroom, confirme haut la main les espoirs placés en ce crooner décadent, sans aucune concession aux diktats des formats radiophoniques, sans courir après une mode ou une autre, explosant les contraintes commerciales. Babx, regard brûlant, voix suave et trépidante, chante comme il parle et écrit comme il vit, narrateur hypnotique d’histoires de danseurs esseulés ou d’amours torturées dans des décors sans âge, vagabondant avec les fantômes de Ferré, Gainsbourg et Barbara. Mais attention! Ecouter et voir Babx n’est pas sans risque: qui s’y frotte risque l’addiction.
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Babx, piano, chant Grégory Dargent, guitares Antoine Montgaudon, guitares, claviers Frédéric Jean, batterie Sébastien Gastine, basse, contrebasse
en collaboration avec La Sirène/XLR, salle de musiques actuelles de La Rochelle
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