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Wajib. L’Invitation au mariage

Réalisateur : Annemarie Jacir
Avec ... : Mohammad Bakri, Saleh Bakri, Maria Zreik, Rana Alamuddin…
Scénario : Annemarie Jacir
Son : Carlos Garcia
Photo : Antoine Héberlé

LOCARNO 2017:SÉLECTION OFFICIELLE

Séances :
  • mer 14 févr.15:30
  • jeu 15 févr.20:00
  • ven 16 févr.17:30
  • sam 17 févr.14:30
  • sam 17 févr.20:00
  • dim 18 févr.14:30
  • dim 18 févr.18:30
  • lun 19 févr.16:00
  • lun 19 févr.20:00
  • mar 20 févr.17:30
  • jeu 22 févr.19:00
  • ven 23 févr.20:30
  • sam 24 févr.18:30
  • dim 25 févr.20:00
  • lun 26 févr.14:00
  • lun 26 févr.18:00
  • mar 27 févr.16:00
  • mar 27 févr.20:00
Durée : 2017
Origine : Palestine
Année : 2017
Type : couleur, v.o.

A l'approche d’un mariage, la tradition veut, en Palestine, que les hommes de la famille aillent porter personnellement leur invitation à tous ceux qui seront conviés à la fête. Cette tournée a inspiré à Annemarie Jacir, déjà repérée avec le beau Sel de la mer (2008), un film à la fois simple et subtil, Wajib. On y suit un père et son fils qui, munis d’un stock d’invitations au mariage de leur fille et soeur, font du porte-à-porte chez les connaissances et amis, à Nazareth. Rien de plus. Les grandes joies seront pour le jour de la fête. Et les drames sont mis entre parenthèses.

C’est du côté des petites choses de la vie que la réalisatrice porte son regard, avec générosité, précision aussi. Au fil des visites, elle saisit des portraits touchants et parfois drôles. Toute une atmosphère qui raconte une famille, une ville, une culture. «Les personnages de Wajib sont directement inspirés par des gens que je connais, explique -t-elle. Mais c’est aussi ma propre vision de Nazareth que je donne. J’ai voulu que cette fiction soit à la fois ancrée dans la réalité et universelle. Il y a une part d’humour et j’y tenais. Je crois qu’on peut parler d'une tonalité méditerranéenne.»

Ce film chaleureux séduit et étonne, dédramatisant une réalité que les cinéastes palestiniens évoquent souvent avec gravité. Ici, les conflits restent sous-jacents. Le père, professeur, travaille avec les Israéliens. Le fils s’est exilé en Italie. Et tout le monde a une façon différente de se revendiquer palestinien. Annemarie Jacir fait subtilement ressentir ces tensions. Elle donne à son film une profondeur humaine, sociale, politique. Mais sans jamais perdre de vue la mission modeste et précieuse de ses personnages: inviter au mariage, au rassemblement. «…Qui a raison dans le film? Le père, qui est resté à Nazareth? Le fils, qui a préféré partir en Italie et ne revient qu'en visite avant le mariage ? Je ne sais pas moi-même que répondre. Je comprends ces deux personnages car j’ai vécu l’une et l’autre de ces situations. Je suis née en Palestine, je suis partie, je suis revenue. C’est mon pays mais je ne peux plus y vivre comme quelqu’un qui ne l’a jamais quitté.» Un film placé sous le signe du dépouillement et de la tendresse, avec les formidables Mohammad et Saleh Bakri, père et fils.

telerama.fr, Locarno 2017