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Une saison en France

Réalisateur : Mahamat-Saleh Haroun
Avec ... : Eriq Ebouaney, Sandrine Bonnaire, Aalayna Lys, Ibrahim Burama Darboe, Bibi Tanga, Léonie Simaga…
Scénario : Mahamat-Saleh Haroun
Musique : Wasis Diop
Photo : Mathieu Giombini

TORONTO 2017:SÉLECTION OFFICIELLE

Séances :
  • mer 31 janv.16:00
  • mer 31 janv.20:00
  • jeu 1 févr.14:00
  • jeu 1 févr.18:00
  • ven 2 févr.14:00
  • ven 2 févr.18:00
  • sam 3 févr.14:30
  • sam 3 févr.20:30
  • dim 4 févr.18:30
  • lun 5 févr.16:30
  • lun 5 févr.20:30
  • mar 6 févr.14:00
  • mer 7 févr.18:30
  • jeu 8 févr.16:00
  • ven 9 févr.20:00
  • sam 10 févr.19:15
  • dim 11 févr.14:30
  • lun 12 févr.14:30
  • mar 13 févr.20:00
Durée : 1h37
Origine : France
Année : 2017
Type : couleur

Mahamat-Saleh Haroun – actuel Ministre de la culture du Tchad – se fait remarquer avec son premier long métrage «Bye Bye Africa». Suivront ensuite «Abouna», «Daratt, saison sèche», «Un homme qui crie», «Grisgris». «Une saison en France» est son premier film tourné en France. «La première force du film, c’est de donner un corps au migrant… Un corps sans amarre mais pas sans attaches… qui devient carapace contre les vicissitudes pour protéger les siens. Qui s’accroche, se heurte, aime… et permet au cinéaste d’épouser avec infiniment de subtilité et de conviction l’universalité de son sujet.»

Xavier Leherpeur, La Septième Obsession

 

 

Quel a été le parcours d’Abbas, avant que ne commence le film?

MAHAMAT-SALEH HAROUN: Il a fui la République Centrafricaine, avec sa femme et ses enfants –sa femme a été tuée pendant cette fuite. Sans doute est-il passé par le Tchad, et, grâce à des accointances avec la France, a-t-il pu avoir un visa de tourisme et venir à Paris. Sur place, il a demandé le statut de réfugié, via l’OFPRA, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, puis, après un refus, il a formé un recours auprès de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). La réponse peut prendre beaucoup de temps et en attendant, il est devenu un individu ordinaire, avec un petit boulot, et ses enfants sont scolarisés. Il y a heureusement en France un humanisme, une générosité et des militants de l’ombre qui aident ces réfugiés: ceux-là pourraient sembler intégrés, mais à l’intérieur d’eux-mêmes, c’est beaucoup plus compliqué. J’ai su tout de suite que le film se passerait pendant les trois mois d’hiver, l’espace d’une saison en France, comme le dit le titre; et ce sont les trois derniers mois pendant lesquels Abbas attend l’ultime réponse. Je ne voulais pas donner un visage à l’administration, parce que la montrer, c’est déjà la juger… Il n’y a pas d’interface, de bureau, de fonctionnaire contre qui s’emporter, il y a ces courriers, implacables. Je voulais capter ce processus d’effacement d’un individu de l’espace public, sa désintégration en cours. Penser à l’avenir de ses enfants permet à Abbas de tenir; Etienne est seul, donc plus fragile, même s’il parait plus joyeux, mais c’est une carapace. Au Tchad, on dit souvent que pour ne pas pleurer, les hommes montrent leurs dents…

Dès la première scène, très émouvante, où Abbas accueille Asma dans son lit et lui chante une berceuse, on sent l’attention que vous portez aux visages…

M.-S. H.: …Je voulais montrer des visages sur lesquels, métaphoriquement, il vente, il pleut, il neige… Avec la comptine surgit le fantôme du passé qui empêche tout apaisement: c’est la tragédie des réfugiés, ces fantômes qui les hantent, les empêchent d’être sereins, de se fixer quelque part. La chanson est écrite en langue sango, par Bibi Tanga, qui est un musicien centrafricain, et qui joue Etienne… Plus tard dans le film, il y aura la berceuse que chante Carole, jouée par Sandrine Bonnaire… Et même la musique originale de Wasis Diop a quelque chose d’une comptine. Toutes ces comptines disent quelque chose sur un passé, une mémoire, un territoire perdus…

in Dossier de presse

 

 

Une saison en France dans "la 7ème Obsession"

Mediapart