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Razzia

Réalisateur : Nabil Ayouch
Avec ... : Maryam Touzani, Arieh Worthalter, Abdelilah Rachid, Dounia Binebine, Amine Ennaji, Abdellah Didane…
Scénario : Nabil Ayouch et Maryam Touzani
Son : Zacharie Naciri
Musique : Caroline Chaspoul & Eduardo Henriquez, Guillaume Poncelet
Photo : Virginie Surdej

FESTIVAL TORONTO 2017

Séances :
  • mer 14 mars16:00
  • mer 14 mars20:30
  • jeu 15 mars14:00
  • jeu 15 mars18:00
  • ven 16 mars14:00
  • ven 16 mars18:00
  • sam 17 mars16:45
  • sam 17 mars20:30
  • dim 18 mars17:30
  • lun 19 mars20:15
  • mar 20 mars14:00
  • mar 20 mars16:30
  • mer 21 mars18:00
  • jeu 22 mars20:30
  • ven 23 mars14:00
  • ven 23 mars20:15
  • sam 24 mars18:00
  • dim 25 mars14:30
  • dim 25 mars20:15
  • lun 26 mars14:30
  • lun 26 mars17:30
  • lun 26 mars20:30
  • mar 27 mars15:30
Durée : 1h59
Origine : France
Année : 2017
Type : couleur, v.o.

Casablanca, exaltante, ouverte… Mais la liberté de Salima est surveillée. Sur le toit de sa maison, elle fume des cigarettes, dans le dos d’un mari qui contrôle ses faits et gestes… Hakim, jeune garçon des quartiers populaires, se réfugie parfois, lui aussi, sur le toit de son immeuble: c’est là qu’il écoute son idole, Freddie Mercury, le chanteur gay de Queen… Au coeur des quartiers bourgeois, l’adolescente Inès s’asphyxie dans son ghetto de riches, qu’elle quitte seulement pour aller au lycée français. Dans le centre-ville, le restaurant de Monsieur Joe est plein de vieux habitués bavards. Certains évoquent encore le tournage de Casablanca, le fameux film avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman, sorti en 1942. Un mythe. Car aucune scène de cette production hollywoodienne ne fut tournée au Maroc. L’esprit communautaire est devenu, pareillement, une illusion. Autour de lui, Monsieur Joe sent désormais se crisper les comportements. Parce qu’il est juif.

«Ces personnages existent, ils sont inspirés par des gens que j’ai rencontrés, explique Nabil Ayouch. Ils se débattent avec leurs rêves, leurs frustrations, ils essaient d’exister au sein d’une société qui les étouffe. Sur le plan économique, le pays est entré dans la modernité. Mais la modernité, c’est aussi l’acceptation des différences. Ce cap est plus dur à passer. Nous sommes à un tournant, nous pouvons tout aussi bien avancer que reculer d’un siècle. Nous sommes en plein combat.» […] Les remparts de l’intolérance, le cinéaste les a vus se dresser lorsque la haine accueillit son Much Loved. En novembre 2015, son actrice principale, Loubna Abidar, était agressée à Casablanca. Elle quitta le Maroc.

«J’ai compris à ce moment-là qu’une censure populaire avait pris le relais de la censure politique. La censure politique s’était arrêtée à l’interdiction de mon film. La censure populaire est allée beaucoup plus loin. C’est elle qui nous a fait le plus de mal.» […] Mais être pris pour cible par les partisans d’un durcissement de l’ordre moral et religieux a aussi fait de lui une figure de proue du Maroc progressiste… Aujourd’hui, la liberté a le beau visage de Maryam Touzani, qui cosigne le scénario et interprète le personnage de Salima, qu’elle semble avoir directement inspiré. […] L’ambition du film est grande… Pour comprendre le présent du pays, tout doit être fait, évoquer le passé comme anticiper les risques de l’avenir… «Je veux que les jeunes d’aujourd’hui puissent rêver. C’est ce qui nous a manqué ces dernières années: pouvoir continuer à faire un rêve, pour chacun et pour tous. Un rêve collectif, c’est important pour notre pays.»

Frédéric Strauss, telerama.fr, 16 janvier 2018