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Makala

Réalisateur : Emmanuel Gras
Avec ... : Kabwita Kasongo, Lydie Kasongo
Musique : Gaspar Claus
Photo : Emmanuel Gras

FESTIVALS 2017 : SEMAINE DE LA CRITIQUE, GRAND PRIX / LA ROCHELLE

fiche GNCR


 

rencontre avec Emmanuel Gras

JEUDI 7 DECEMBRE 20H30

Séances :
  • mer 6 déc.18:30
  • jeu 7 déc.20:30
  • ven 8 déc.14:00
  • ven 8 déc.18:15
  • sam 9 déc.18:30
  • dim 10 déc.14:30
  • lun 11 déc.14:30
  • lun 11 déc.20:30
  • mar 12 déc.18:15
  • mer 13 déc.16:30
  • jeu 14 déc.20:15
  • ven 15 déc.16:00
  • sam 16 déc.19:00
  • dim 17 déc.20:45
  • lun 18 déc.18:30
  • mar 19 déc.16:00
Durée : 1h36
Origine : France
Année : 2017
Type : couleur, v.o.

Makala (charbon en swahili) est un film d’une richesse exceptionnelle. Il a obtenu le Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes.

Au Congo, un jeune villageois, espère offrir un avenir meilleur à sa famille. Il a comme ressources ses bras, la brousse environnante et une volonté tenace. Parti sur des routes dangereuses et épuisantes pour vendre le fruit de son travail, il découvrira la valeur de son effort et le prix de ses rêves.

 

 

[…] Makala est certes un documentaire pur jus, mais pas de ceux qui restent collés au «réel» le nez dans le guidon. Au contraire, la caméra d’Emmanuel Gras, réalisateur qui assure aussi la prise de vues de ses films, ne cesse de transfigurer les situations dont elle témoigne, pour leur conférer un souffle et une flamme qui savent puiser, quand il le faut, à l’imaginaire de la fiction, ou, pour être plus précis, des grandes mythologies humaines…

[…] Le documentariste insiste moins sur la souffrance de son personnage que sur son incroyable ténacité, sur sa capacité d’encaisser et de résoudre les épreuves les unes après les autres. Dans le sillon de cette odyssée bringuebalante, la route se déroule comme une sorte de ruban chaotique et fiévreux, dont les désordres et les dangers multiples convoquent parfois un imaginaire post-apocalyptique (on pense au roman La Route de Cormac McCarthy). Ce ruban, c’est aussi le profil d’un pays où l’argent, denrée rare, circule avec si peu de fluidité qu’il doit s’arracher des mains de son prochain, ou se gagner au prix d’efforts surhumains. Et, quand Kabwita arrive à bon terme, le marchandage acharné des potentiels clients revient, ultime douleur, à dévaluer la charge titanesque de son travail.

Un homme, un vélo, une route. Depuis Bovines (2012), qui s’intéressait à la vie des vaches, Emmanuel Gras a l’habitude de ramasser le principe de ses films en un concept sec et percutant. Mais s’il atteint ici à une forme supérieure d’émotion, ce n’est pas seulement grâce à l’incroyable mobilité de la caméra et aux perspectives épiques qu’elle dessine. De par sa simplicité et sa linéarité, Makala s’ouvre à une dimension allégorique, dans laquelle on peut voir une image limpide de la condition prolétarienne, voire, tout simplement, de la condition humaine.

Mathieu Marcheret, Le Monde, 26 mai 2017


Le film présenté aux Rencontres Art et Essai de Cannes 2017, a obtenu un double soutien concerté de l’AFCAE (Association Française des Cinémas Art et Essai) et du GNCR (Groupement National des Cinémas de Recherche).