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Madame Hyde

Réalisateur : Serge Bozon
Avec ... : Isabelle Huppert, Romain Duris, José Garcia, Adda Senani, Pierre Léon, Guillaume Verdier, Patricia Barzyk…
Scénario : Axelle Ropert, Serge Bozon librement adapté de L’Etrange Cas du Dr Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson
Musique : Benjamin Esdraffo
Photo : Céline Bozon

AVANT-PREMIÈRE

MARDI 27 MARS 20H30

 

FESTIVALS : LOCARNO 2017 (Prix d’interprétation Isabelle Huppert) / ANGERS 2018 / BERLIN 2018

 

soutien GNCR

Séances :
  • mar 27 mars20:30
  • mer 28 mars17:30
  • mer 28 mars20:30
  • jeu 29 mars14:00
  • jeu 29 mars18:15
  • ven 30 mars14:00
  • ven 30 mars18:00
  • sam 31 mars20:00
  • dim 1 avr.17:30
  • lun 2 avr.20:15
  • mar 3 avr.14:00
  • mar 3 avr.18:15
  • mer 4 avr.18:30
  • jeu 5 avr.16:00
  • ven 6 avr.16:00
  • ven 6 avr.20:00
  • sam 7 avr.18:30
  • dim 8 avr.14:30
  • lun 9 avr.18:30
  • mar 10 avr.14:00
  • mar 10 avr.20:45
Durée : 1h35
Origine : France
Année : 2017
Type : couleur

Une timide professeure de physique dans un lycée de banlieue est méprisée par ses élèves. Un jour, elle est foudroyée pendant une expérience dans son laboratoire et sent en elle une énergie nouvelle, mystérieuse et dangereuse…

Madame Hyde est une folie de cinéma, un pari comme l’interprète de Elle (Isabelle Huppert, prix d’interprétation au Festival de Locarno) a toujours cherché pour se surpasser. Télérama

 

 

JEAN DOUCHET: Madame Hyde est à la fois un film social, où les couleurs de peau, le rap et la banlieue sont plus qu’un décor; un film fantastique, qui repose sur une transformation de l’héroïne; et un film sur l’école, au sens le plus simple du terme: pourquoi transmettre le savoir et comment le transmettre? Pourquoi est-ce si important et si dur de le transmettre? Et pourquoi est-ce que ce ne serait pas si important si ce n’était pas si dur, et vice-versa?
SERGE BOZON: Je suis d’accord.
J. D.:Mais l’essentiel est pour moi qu’on ne sente aucune volonté «originale» de mélanger les trois genres, comme si le geste de mélanger de l’extérieur trois choses si différentes vous excitait en soi. La force du film, c’est que ce qui les mélange, et même les unit, vient de l’intérieur. Les trois n’en font forcément qu’un. Pourquoi? L’héroïne du film (Madame Géquil) est une prof obscure. Elle est obscure parce qu’elle n’arrive pas à transmettre la lumière du savoir. Et la seule manière dont elle peut y arriver, c’est en devenant elle-même cette lumière. Il faut, pour sortir de l’obscurité, qu’elle «s’allume» enfin. D’où la simplicité des effets spéciaux: Madame Hyde est juste le négatif lumineux de Madame Géquil. Or c’est dangereux de «s’allumer». En un mot, Madame Géquil ne peut répandre la lumière sans devenir lumière et elle ne peut devenir lumière sans prendre le risque de brûler. Donc le fantastique vient bien de l’intérieur. On ne le comprend pas tout de suite, mais peu à peu.
S. B.: Je n’y avais pas pensé. La simplicité (des effets) dont vous parlez a été en fait dure à trouver. J’espérais au début réussir à tout faire en direct, sur le plateau, par des projections d’images de feu, mais cela n’altérait pas assez l’apparence de Madame Géquil. Alors on a eu l’idée, grâce à Djibril Glissant, de ce passage au négatif en post-production qui permettait de remplacer le feu par la lumière. La lumière, c’est plus simple et plus mystérieux que du feu –on n’essaie plus de faire les Quatre Fantastiques avec Huppert en femme-torche… Mais vous disiez que les trois genres n’en faisaient qu’un, alors quel rapport avec le dernier genre, le film social?
J. D.: C’est que les jeunes à qui elle n’arrive pas à enseigner sont eux-mêmes dans l’obscurité, mais sociale cette fois. Ils sont relégués en banlieue et relégués en classe technique. Ce sont à la fois les pauvres, les descendants d’immigrés et les mauvais élèves. Ils sont triplement obscurs. Et l’élèvephare de Madame Géquil, Malik, est quadruplement obscur, parce qu’il est en plus handicapé…


Extrait de «Un cours de Jean Douchet au réalisateur» in Dossier de presse