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12 jours

Réalisateur : Raymond Depardon
Son : Claudine Nougaret
Musique : Alexandre Desplat
Photo : Raymond Depardon
Montage : Simon Jacquet

CANNES 2017 : HORS COMPÉTITION

Séances :
  • mer 29 nov.15:30
  • mer 29 nov.20:30
  • jeu 30 nov.14:00
  • jeu 30 nov.18:00
  • ven 1 déc.18:30
  • sam 2 déc.14:30
  • sam 2 déc.20:45
  • dim 3 déc.18:00
  • lun 4 déc.16:45
  • lun 4 déc.20:45
  • mar 5 déc.14:00
  • mar 5 déc.18:00
  • jeu 7 déc.16:15
  • ven 8 déc.20:15
  • sam 9 déc.16:45
  • dim 10 déc.20:00
  • lun 11 déc.16:30
  • mar 12 déc.14:00
  • mar 12 déc.20:15
Durée : 1h27
Origine : France
Année : 2017
Type : scope-couleur

De l’homme à l’homme vrai le chemin passe par l’homme fou.

Michel Foucault


Autrefois, la décision d’hospitaliser une personne contre son gré reposait sur le seul psychiatre et s’exerçait sans regard extérieur, depuis les aliénés et les fous sont devenus des patients. En 2013, pour donner un cadre légal à cet enfermement, la loi a obligé les psychiatres à soumettre, avant douze jours, au juge des libertés l’ensemble de leurs décisions concernant les hospitalisations sous contrainte. Nous sommes les premiers à filmer la mise en application de cette loi, l’arrivée du juge des libertés dans l’institution psychiatrique, rend publique une parole autrefois réservée aux seuls psychiatres.

Il n’est pas de cercle familial ou amical, qui ne compte parmi ses membres une personne vulnérable, nous sommes tous concernés. Chaque année, il y a en France environ 92 000 mesures d’hospitalisations psychiatriques sans consentement (soit 250 personnes par jour). L’hôpital a 12 jours, à compter de l’admission du patient, pour saisir le juge des libertés et de la détention qui validera ou non le programme de soin sans consentement. Au cours de ces audiences, qui ont lieu deux fois par semaine, l’hôpital du Vinatier à Lyon reçoit des patients qui proviennent majoritairement des différents services d’hospitalisation et d’une unité pour les malades difficiles jugés irresponsables de leurs actes. Ces audiences publiques sont partagées par quatre juges des libertés qui président tour à tour. Deux hommes et deux femmes avec des approches sensiblement différentes. Pour permettre au malade de parler librement des conditions d’hospitalisation, le psychiatre en charge du patient n’est pas présent à l’audience. L’hospitalisation sous contrainte est toujours une épreuve pour ceux qui la subissent, pour ceux qui l’initient, et ceux qui l’exercent.

 

 

Nous avons filmé 72 audiences et notre engagement s’est renforcé au contact des patients éprouvés par la maladie qui ont tenu à témoigner avec dignité et sensibilité. Ce sont avant tout des personnes qui souffrent, leurs paroles sont précieuses, pas seulement décalées ni insensées, elles sont simples et fortes et engagent leur avenir. 12 jours présente dix de ces patients. Dans la salle d’audience trois caméras : l’une pour le patient, l’autre pour le magistrat et une troisième pour un plan général. Ces axes de prise de vue permettent de donner une équidistance entre le patient et le magistrat, pour ne pas imposer un point de vue dominant et laisser le spectateur libre de se faire sa propre opinion. Entre les fragments des audiences nous avons créé un temps suspendu en filmant des plans de l’hôpital à l’intérieur des services et à l’extérieur où les malades circulent librement entre les pavillons. Ces images, que j’ai voulues douces et très définies, sont le support d’une composition musicale originale très inspirée de Alexandre Desplat.

[…] Nous sommes sortis grandis de ce film qui donne la parole à ceux qui sont momentanément enfermés dans leur esprit et en ont perdu l’usage. Ces personnes vulnérables témoignent de leur histoire intime mais aussi à leur façon de l’histoire politique, sociale et morale de la France.

Même si nos films peuvent laisser penser le contraire, nous ne sommes pas plus attirés par les institutions que d’autres, notre moteur c’est notre curiosité, notre force c’est notre naïveté, nous ne sommes spécialistes de rien, nous tentons simplement de rester à l’écoute de restituer des moments, des paroles, des émotions.

Raymond Depardon et Claudine Nougaret, avril 2017, in Dossier de presse